Pour Fêter Une Enfance

Un magnifique texte de Saint-John PERSE. L’éloge de l’enfance… pour conjurer la nostalgie ??

Palmes… !
Alors on te baignait dans l’eau-de-feuilles-vertes ; et l’eau encore était du soleil vert ;et les servantes de ta mère, grandes filles luisantes, remuaient leurs jambes chaudes près de toi qui tremblais…
(Je parle d’une haute condition, alors, entre les robes, au règne de tournantes clartés.)

Palmes!

et la douceur d’une vieillesse des racines… !

La terre alors souhaita d’être plus sourde, et le ciel plus profond où des arbres trop grands, las d’un obscur dessein, nouaient un pacte inextricable…
(J’ai fait ce songe,dans l’estime:un sûr séjour entre les toiles enthousiastes.)
Et les hautes racines courbes célébraient
l’en allée des voies prodigieuses, l’invention des voûtes et des nefs;

et la lumière alors, en de plus purs exploits féconde, inaugurait le blanc royaume où j’ai mené peut-être un corps sans ombre…
(Je parle d’une haute condition, jadis, entre des hommes et leurs filles, et qui mâchaient de telle feuille.)
Alors les hommes avaient
une bouche plus grave, les femmes avaient des bras plus lents ;
alors, de se nourrir comme nous de racines, de grandes bêtes taciturnes s’ennoblissaient ;
et plus longues sur plus d’ombre se levaient les paupières…
(J’ai fait ce songe, il nous a consumés sans reliques.)

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L’université de la mer

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LA MER

J’ai besoin de la mer car elle est ma leçon :
je ne sais si elle m’enseigne la musique ou la conscience :
je ne sais si elle est vague seule ou être profond
ou seulement voix rauque ou bien encore conjecture
éblouissante de navires et de poissons.
Le fait est que même endormi
par tel ou tel art magnétique je circule
dans l’université des vagues.

I1 n’y a pas que ces coquillages broyés
comme si une planète tremblante
annonçait une lente mort,
non, avec le fragment je reconstruis le jour,
avec le jet de sel, la stalactite,
et avec une cuillerée de mer, la déesse infinie.

Ce qu’elle
m’a appris, je le conserve! C’est
l’air, le vent incessant, l’eau et le sable.

Cela semble bien peu pour l’homme jeune
qui vint ici vivre avec ses feux et ses flammes,
et pourtant ce pouls qui montait
et descendait à son abîme,
le froid du bleu qui crépitait
et l’effritement de l’étoile,
le tendre éploiement de la vague
qui gaspille la neige avec l’écume,
le pouvoir paisible et bien ferme
comme un trône de pierre dans la profondeur,
remplacèrent l’enceinte où grandissait
la tristesse obstinée, accumulant l’oubli,
et soudain mon existence changea:
j’adhérai au mouvement pur.

-Pablo Neruda-

Alfonsina y el mar

Une chanson composée par Ariel Ramirez (compositeur connu pour sa Missa Criola) sur des paroles de Felix Luna. C’est un hommage à la poétesse argentine Alfonsina Sorni qui est entrée dans l’écume par un sentier sans retour. Cette chanson immortalisée par Mercedes Sosa entre autres est interprétée ici par Avishai Cohen, magnifique musicien israélien, accompagné de sa seule contrebasse.

Une autre version sur Daily Motion ici

Les paroles sont ici

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Filo

Si tu réponds immédiatement à une question que l’on te pose, cela ne signifie pas que tu possèdes la réponse.

Si tu ne réponds pas à une question que l’on te pose, cela ne signifie pas que tu ne possèdes pas la réponse.

(Lao Mermin)

Morning Has Broken

MorningHasBroken

Morning has broken, like the first morning
Blackbird has spoken, like the first bird
Praise for the singing, praise for the morning
Praise for the springing fresh from the word

Sweet the rain’s new fall, sunlit from heaven
Like the first dewfall, on the first grass
Praise for the sweetness of the wet garden
Sprung in completeness where his feet pass

Mine is the sunlight, mine is the morning
Born of the one light, Eden saw play
Praise with elation, praise every morning
God’s recreation of the new day

Eleanor Farjeon (1881 – 1965)

Dernier

Je n’avais jamais ressenti comme aujourd’hui l’urgence qu’il y a à voir, à regarder, à entendre… car chaque couleur, chaque battement d’aile, chaque regard, chaque claquement de doigts, chaque murmure, chaque amour, …. est le dernier.